Des patates à un dinar le kilo

La crise de la pomme de terre traduit une gestion délabrée de la gouvernance du système d’alimentation de notre peuple, ainsi qu’une incapacité d’installer des politiques coordonnées et adaptées. Au marché de Bir Ekasâa il est interdit à l’agriculteur Tunisien de vendre les pommes de terres plus que 400 millimes le kilogramme , alors que cette année l’Etat a importé des patates hollandaise à 800 millimes le kilo au prix d’une devise forte qu’on aurait pu épargner si on a su comment aider l’agriculteur au lieu de le persécuter par les inspecteurs de Bir El kasâa, une politique de mondialisation à sens unique, où on castre l’agriculteur tunisien et on résout le problème d’écoulement des producteurs des pays riches. En bref nos agriculteurs ne profitent pas des avantages de la mondialisation. En effet la présence lourde de l'Etat est entrain de générer des distorsions entravant le fonctionnement des filières de même le réflexe de l'état gendarme persiste encore il est reflété par les méthodes musclés des inspecteurs du Ministère du Commerce qui contrôlent les prix sur les marchés de gros et prennent des mesures pour empêcher la vente de la production nationale à des prix élevés, en ordonnant aux négociants (El habata) de ne pas vendre au dessus d’un prix donné si non ils les menacent de fermer leur commerce et de confisquer leur balance . Cette mondialisation à sens unique ne fait que fragiliser la petite et moyenne exploitation agricole, paupériser les agriculteurs tunisiens, entretenir les crises et maintenir la dépendance accrue à l’importation.



Kastalli Chérif